
C’est lors de voyages hors de l’hexagone que l’on s’aperçoit combien notre petite vie est conditionnée. Fais pas ci, fais pas ça, mange comme ça, fumer, c’est mal (même si c’est vrai)…Si tu es sur l’autoroute, arrête-toi pour boire de l’eau et pour te reposer, ne roule pas vite, vérifie l’état de tes pneus, au volant, sois courtois et garde le sourire…Il faut toujours te laver les mains avant de manger , quand tu éternues ou quand tu tousses, évite les projections qui peuvent contaminer les autres, ne crache pas dans la rue, n’urine pas dans les lieux publiques, ne jettes pas tes détritus n’importe où…Mange des fruits et des légumes et fais du sport,Ne bois pas trop d’alcool…Tous ces conseils sont bien-sûr destinés aux adultes responsables que nous sommes.Ce qui fait que lorsque l’on quitte son petit nid douillet pour vivre une expérience ailleurs, le choc est plus que violent si l’on quitte l’espace touristique classique et que l’on s’aventure hors des frontières balisées.Là, il faut faire attention à tout, personne ne te préviens du danger, tu es livré à toi-même et à tes réflexes ancestraux, en espérant qu’ils ne sont pas définitivement perdus.exemple 1 :Selon les pays, la notion de passage clouté n’est pas la même que chez toi, tu penses que le camion va s’arrêter, tu te trompes… Dans la plus-part des pays, sur les routes comme dans la vie, il existe un ordre et une hiérarchie : le plus gros EST le plus fort.Le camion a priorité sur la voiture, qui elle même l’a sur la moto, qui l’a sur le vélo… et toi, pauvre touriste qui essayes de traverser cette saleté d’avenue sur ton passage clouté, tu dois te mettre à slalomer entre tout ce qui te frôle à vive allure.Tu songes parfois à faire demi-tour, mais c’est trop tard, tu es au beau milieu de ce piège, car personne ne t’as mis en garde. Ton instinct primaire reprends un peu le dessus : tu fixe le conducteur de ce gros camion qui claxonne sans ralentir… mais tu comprends vite le message dans son regard : il ne s’arrêtera pas.Enfin, te voilà sur le trottoir d’en face… non, tu n’y es pas encore, il y a cette flaque d’eau à enjamber ; machinalement, tu protèges ton petit sac à dos, ton appareil photo qui pends autour de ton cou, qui pèse une tonne et que tu regrettes de ne pas avoir enfermé avant de traverser. Tu sautes au dessus de l’eau boueuse et atterris sur un sol mou, où fort heureusement, quelques détritus t’empêchent de t’enfoncer.Tu en es quitte pour tremper tes sandales, mais tu es sain et sauf.Tu as juste oublié les quinze piétons qui te suivaient , qui courent eux aussi pour échapper à une mort certaine et dont la moitié n’a pas vu la fameuse flaque et saute à pieds joints dedans. En plus de tes chaussures, ton pantalon et un côté de ta chemise sont couverts de boue.Il faut maintenant trouver un restaurant car il est midi et à midi, toi, tu manges.A la page 60, ton précieux guide situe non loin de là un petit boui-boui bien sympa où tu pourras goûter la spécialité locale pour pas cher et dans une hygiène largement acceptable pour le pays.Tu décides donc de t’y rendre en partant vers ce qui te semble être la direction.Au bout d’une bonne centaine de mètres, tu commences à douter…alors tu rebrousses chemin en regardant partout autour de toi.Tu es beau avec ton livre à la main, transpirant et couvert de taches de boue. Tout le monde te regarde et tout le monde sait que tu es perdu.Alors un homme te propose spontanément son aide dans sa langue maternelle. Tu comprends sans comprendre, c’est la magies du voyage, tu sais qu’il va t’aider et tu lui montres le petit plan sur la page de droite qui représente l’endroit où tu es sensé te trouver ainsi que ce fameux boui boui.Malheureusement, il n’a jamais vu de plan et regarde silencieusement le dessin que tu lui montres sans rien comprendre, car en plus, il ne sait pas lire.Alors tu te mets à parler en anglais car tu sais que dans tous les pays, on parle l’anglais. Mais c’est ton anglais à toi, avec ton accent si particulier et des mots que tu lâches comme ils arrivent de ton cerveau, en comptant sur lui pour qu’il remette tout dans le bon ordre… Lui, il ne comprends rien.Tes vieux reflexes reviennent, tu fais ce geste international qui indique que tu as faim… là, c’est mieux, il a un indice. Puis tu prononces le nom du restaurant…tout s’éclaire pour lui.Il appelle son copain, avec celui-ci arrivent 5 ou 6 personnes et voilà qu’au bout de 2 minutes, un groupe t’entoure, faisant circuler ton bouquin de mains en mains.Alors, il te montre fièrement où se trouve le fameux petit restaurant… de l’autre côté de l’avenue !
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